ALGÉRIE - Actualité (1990-1996)


ALGÉRIE - Actualité (1990-1996)
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République algérienne démocratique et populaire

Politique intérieure

Le 20 avril 1990, le Front islamique du salut (F.I.S.), dirigé par le cheikh Abassi Madani, organise avec succès un rassemblement dans les rues d’Alger, réclamant l’organisation d’élections législatives anticipées.

Le 10 mai, des dizaines de milliers de personnes manifestent dans la capitale contre la montée de l’intégrisme. Le 17, le Front de libération nationale (F.L.N.), au pouvoir depuis 1962, rassemble 200 000 personnes dans un défilé à Alger «pour la défense du processus démocratique». Le 31, les partisans de Hocine Aït Ahmed, chef du Front des forces socialistes (F.F.S.), sont au moins aussi nombreux pour manifester contre l’intégrisme, pour le pluralisme linguistique et l’enseignement du berbère à l’école.

Le 12 juin a lieu le premier scrutin libre depuis l’indépendance: les résultats officiels donnent 54,25 p. 100 des voix au F.I.S., contre 28,13 p. 100 au F.L.N. L’abstention, recommandée par Hocine Aït Ahmed et Ahmed Ben Bella, s’élève à 40,24 p. 100 des inscrits.

Le 27 septembre, l’ancien président Ahmed Ben Bella rentre en Algérie.

Le 26 décembre, le Parlement vote à une large majorité une loi sur la «généralisation de la langue arabe», qui devrait réduire, voire supprimer, l’usage du français officiel mais aussi celui de la langue berbère. Le 27, plusieurs dizaines de milliers de sympathisants du F.F.S. manifestent contre cette loi, dénonçant également les dangers de l’intégrisme musulman.

À partir du 26 mai 1991, devant l’échec, la veille, de son mot d’ordre de grève générale illimitée, le F.I.S. mobilise ses militants qui défilent quotidiennement dans les rues d’Alger et campent sur les places publiques la nuit. Le 4 juin, 3 jours après l’ouverture de la campagne électorale pour les élections législatives, les forces de police évacuent les militants du F.I.S. Les affrontements font au moins 17 morts. Le 5, le président Chadli Bendjedid instaure l’état de siège, reporte les élections, renvoie le Premier ministre Mouloud Hamrouche et nomme pour le remplacer Sid Ahmed Ghozali. Le 6, le couvre-feu est décrété à Alger. Le 30, à la suite de nouvelles émeutes, l’armée arrête les 2 principaux dirigeants du F.I.S., Abassi Madani et Ali Benhadj, ainsi que des centaines d’autres militants islamistes les jours suivants. L’état d’urgence est levé le 29 septembre.

Le 13 octobre, à l’Assemblée nationale où le F.L.N. est largement majoritaire, une très nette majorité de députés se prononce contre les propositions du gouvernement pour rendre la loi électorale plus équitable. Le 28, le Conseil constitutionnel, saisi à la demande de Sid Ahmed Ghozali à propos de l’article de loi qui autorise le vote d’un conjoint pour l’autre, c’est-à-dire, en fait, du mari pour son ou ses épouses, le déclare inconstitutionnel.

Le 26 décembre a lieu le premier tour des premières élections législatives pluralistes. Le taux d’abstention est élevé (41 p. 100). Le F.I.S. obtient, avec près de 48 p. 100 des suffrages, 188 sièges sur les 430 à pourvoir, et semble ainsi assuré d’avoir la majorité absolue lors du second tour. Le F.L.N. n’a que 15 sièges. Il est même devancé par le F.F.S. (25 sièges).

Le 11 janvier 1992, le président Chadli présente sa démission, sous la pression de l’armée. Le Haut Conseil de sécurité (H.C.S.), composé du Premier ministre Sid Ahmed Ghozali, des principaux ministres et des chefs militaires, prend en charge «l’ordre public». Le 12, le H.C.S. annonce la «suspension» du processus électoral. Le 14, il crée un Haut Comité d’État (H.C.E.) auquel il confie l’ensemble des pouvoirs du chef de l’État. Le H.C.E. doit rester en fonctions jusqu’en décembre 1993. Sa présidence est assurée par Mohamed Boudiaf, un des membres fondateurs du F.L.N. Le 22, le principal dirigeant islamiste, Abdelkader Hachani, est arrêté. Le 9 février, le H.C.E. proclame l’état d’urgence pour un an sur l’ensemble du territoire; le F.I.S. est dissous. Le 13, Amnesty International rend public le bilan de 2 semaines de répression: 70 civils tués, 500 blessés et plus de 1 000 arrestations.

Le 29 juin, Mohamed Boudiaf est tué dans une fusillade à Annaba. Confronté à la réaction islamiste et à la résistance des réseaux du F.L.N. implantés dans l’appareil d’État, il avait engagé la lutte contre la corruption et pour la reconstruction économique du pays.

Le 2 juillet, le H.C.E. coopte Ali Kefi pour succéder à Mohamed Boudiaf. Le 8, Sid Ahmed Ghozali présente sa démission. Belaïd Abdesslam est chargé de former un nouveau gouvernement. Le 15, le tribunal militaire de Blida condamne Abassi Madani et Ali Benhadj à 12 ans de prison.

Le 26 août, l’explosion d’une bombe dans le hall de l’aéroport d’Alger fait 8 morts et 124 blessés. Les attentats qui ne visaient d’abord que les forces de l’ordre — quelque 130 gendarmes, policiers et militaires ont été tués — touchent également des fonctionnaires. Ces actes de terrorisme aveugle, qui ne sont pas revendiqués, sont condamnés par l’ex-F.I.S.

Le 7 février 1993, le H.C.E. proroge l’état d’urgence pour une durée indéterminée.

Le 13 mars, il annonce la reprise du «dialogue national» avec les partis politiques. Plusieurs partis, dont le F.F.S., refusent d’y participer.

Le 14 mars, Hafid Senhadri, membre du Conseil consultatif national (C.C.N.), est assassiné à Alger. C’est la première fois que les terroristes s’en prennent à une personnalité politique civile. Le 16, Djilalli Lyabès, ancien ministre, connaît le même sort, ainsi que, le 17, Laadi Flici, membre du C.C.N. Le 22, 100 000 personnes défilent à Alger contre le terrorisme islamiste.

Le 2 juin, l’écrivain Tahar Djaout meurt des suites d’un attentat (26 mai) attribué à des islamistes. Le 21, le H.C.E. publie un «avant-projet de plate-forme nationale».

Le 21 août, le H.C.E. limoge le Premier ministre Belaïd Abdesslam, qui est remplacé par Redha Malek, membre du H.C.E., réputé pour son esprit réformateur et moderniste. Le même jour, Kasdi Merbah, ancien Premier ministre et ancien chef de la sécurité militaire de Houari Boumediène, est tué.

Le 21 septembre, 2 géomètres français sont retrouvés assassinés près de Sidi Bel Abbes. C’est la première fois que des étrangers sont victimes des violences islamistes.

Le 11 octobre, 13 condamnés à mort sont exécutés, ce qui porte à 26 le nombre d’islamistes exécutés depuis l’instauration de la loi antiterroriste en octobre 1992. Le 24, 3 fonctionnaires du consulat de France à Alger sont enlevés. Le 30, 2 d’entre eux sont délivrés à la suite d’une importante opération de police; le troisième otage l’est le 31.

Le 2 décembre, un homme d’affaires espagnol est assassiné, ce qui porte à 8 le nombre d’étrangers tués depuis mars. Le Groupe islamique armé (G.I.A.) – nébuleuse intégriste qui se distingue de l’ex-F.I.S. par une politique d’attentats dirigée notamment contre les étrangers résidant dans le pays – revendique cet assassinat (son ultimatum, intimant l’ordre aux étrangers de quitter l’Algérie, expirait à la fin de novembre), ainsi que ceux de 17 étrangers en décembre. L’ex-F.I.S. rejette toute responsabilité dans ces attentats.

Le 17 décembre, le chef de la direction «extérieure» de l’ex-F.I.S., Rabah Kébir, pose des conditions inacceptables pour le pouvoir à la participation de son mouvement à la Commission de dialogue national. Le 28, le poète Youssef Sebti est assassiné à Alger.

En janvier 1994, les victimes de la violence attribuée aux islamistes se multiplient : le 15 une Française et le 27 un Tunisien à Alger, le même jour une soixantaine de militaires lors de l’attaque d’une caserne près de Sidi Bel Abbes. Les 25 et 26 se tient à Alger la Conférence nationale de consensus convoquée par le H.C.E. afin de légitimer les nouvelles institutions qui doivent régir le pays pendant 3 ans. Aucun représentant de l’ex-F.I.S. n’est convié et aucune grande formation politique n’y participe. La Conférence met fin au mandat du H.C.E. et remplace le C.C.N. par un Conseil national de transition. Le 31, le H.C.E. nomme à la tête de l’État le général Liamine Zeroual, qui conserve le portefeuille de la Défense et reconduit Redha Malek dans ses fonctions.

En février, alors que les assassinats se poursuivent (le 1er un journaliste français Olivier Quemener, le 12 un technicien russe, le 21 un libraire français à Alger Joaquim Grau), Liamine Zeroual, partisan du dialogue avec les islamistes, fait libérer, le 22, 2 responsables de l’ex-F.I.S.

En mars, 6 personnes sont victimes d’attentats, dont 2 Français. Le 10, un commando islamiste attaque la prison de Tazoult près de Batna et libère 900 détenus dont 100 condamnés à mort. Le 22, à l’appel d’organisations féministes, des dizaines de milliers de personnes manifestent à Alger contre le dialogue avec les islamistes.

Le 11 avril, le Premier ministre Redha Malek, hostile à la politique de «dialogue» avec les islamistes prônée par le président Zeroual, cède la place à Mokdad Sifi, ministre de l’Équipement sortant.

Le 6 août, le G.I.A. «interdit formellement» le fonctionnement des établissements d’enseignement secondaire et universitaire. Le 24, Kaci Abdallah, membre du Conseil national de transition, qui fait office de Parlement depuis avril, est assassiné dans la banlieue d’Alger.

Le 5 septembre, le pouvoir révèle l’existence de lettres adressées le mois précédent au président Zeroual par Abassi Madani qui pose ses conditions à la participation de l’ex-F.I.S. au dialogue politique. Le 13, Abassi Madani et Ali Benhadj sont élargis et placés en résidence surveillée.

Le 21 septembre, l’appel à la grève générale lancé par le Mouvement culturel berbère en vue d’obtenir la reconnaissance de la langue berbère est très suivi en Kabylie. Deux autres mouvements auront lieu, en 2 mois.

Le 29 septembre, Cheb Hasni, célèbre chanteur de raï, est assassiné à Oran. Ses obsèques, le 30, donnent lieu à une grande manifestation en faveur de la démocratie.

Le 10 octobre, le chanteur kabyle Matoub Lounes, enlevé le 25 septembre par le G.I.A., est libéré, porteur d’un message conciliant à l’égard des Berbères.

Le 29 octobre, Liamine Zeroual dresse un constat d’échec de sa politique de «dialogue national» et en rejette la faute sur l’ex-F.I.S. Il nomme un partisan de la répression au poste de chef d’état major de l’armée.

Le 31 octobre, le chef de l’État annonce l’organisation d’une élection présidentielle avant la fin de 1995.

Le 1er novembre, lors des cérémonies du quarantième anniversaire du début de la guerre d’indépendance, une bombe explose dans le cimetière de Mostaganem, tuant 4 jeunes scouts. L’ex-F.I.S. en rejette la responsabilité sur les services de sécurité. Durant le mois, la répression des mouvements islamistes armés s’intensifie.

Les 21 et 22 novembre, l’ex-F.I.S. ainsi que les partis d’opposition favorables au dialogue avec les islamistes – le F.L.N., le F.F.S., la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme et le Mouvement pour la démocratie en Algérie de Ahmed Ben Bella – se réunissent à Rome sous l’égide de la communauté catholique Sant’Egidio. Le pouvoir rejette leurs propositions en faveur de la négociation.

Le 3 décembre, le directeur du journal Le Matin , Saïd Mekbel, est assassiné dans la banlieue d’Alger.

Le 5 janvier 1995, l’ex-F.I.S. se démarque explicitement du terrorisme aveugle pratiqué par le G.I.A.

Le 13 janvier, des représentants de l’ex-F.I.S. et de l’opposition se réunissent pour la seconde fois à Rome, où ils élaborent une «plate-forme pour une solution pacifique et politique à la crise algérienne» qui est de nouveau rejetée par le pouvoir.

Le 30 janvier, l’explosion d’une voiture piégée dans le centre d’Alger fait 42 morts. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier depuis le début des violences, en février 1992. Il est condamné par l’ex-F.I.S.

En février, la période du ramadan est marquée par de nombreux attentats, dirigés notamment contre des intellectuels. Le 22, l’armée réprime violemment une mutinerie dans une prison d’Alger où sont détenus plusieurs centaines d’islamistes. Une centaine de prisonniers sont tués.

Le 27 mars, le directeur du quotidien progouvernemental El Moudjahid , Mohamed Abderrahmani, est assassiné dans la banlieue d’Alger.

Le 3 juin, le sous-lieutenant Lembarek Boumaarafi, reconnu seul coupable de l’assassinat du président Mohamed Boudiaf, en juin 1992, est condamné à mort. Les circonstances de son geste ne sont pas totalement éclaircies.

Le 18 août, les autorités annoncent que le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu en novembre. Le 28, les signataires de la «plate-forme» de Rome, parmi lesquels le F.L.N., le F.F.S. et l’ex-F.I.S., déclarent collectivement qu’ils ne participeront pas au scrutin.

Le 2 septembre, un attentat à la voiture piégée contre une résidence de policiers, près d’Alger, fait des dizaines de morts.

Le 19 septembre, Liamine Zeroual annonce sa candidature à l’élection présidentielle.

Le 28 septembre, Aboubakr Belkaïd, ancien ministre et membre influent de l’Organisation des moudjahidin, est assassiné à Alger.

Le 14 octobre, contre toute attente, le Conseil constitutionnel annonce le rejet de la candidature à la présidence de Redha Malek, ancien Premier ministre, candidat de l’Alliance nationale républicaine.

Le 16 novembre, Liamine Zeroual est réélu à la présidence, dès le premier tour de scrutin, avec 61,01 p. 100 des suffrages. Mahfoud Nahnah, président du Mouvement de la société islamiste (modéré), obtient 25,58 p. 100 des voix; Saïd Sadi, secrétaire général du Rassemblement pour la culture et la démocratie (kabyle), hostile au dialogue avec les islamistes, 9,60 p. 100; et Noureddine Boukrouh, président du Parti du renouveau algérien (nationaliste fondé sur un islam moderne), 3,81 p. 100. Le taux de participation s’élève à 75,69 p. 100, malgré les menaces du G.I.A. et l’appel au boycottage lancé par les principaux partis d’opposition. L’ex-F.I.S. saisit la proposition de pourparlers politiques «sans exclusion» formulée par le président Zeroual et se déclare favorable à «des négociations globales et justes entre le pouvoir de fait et l’opposition effective».

Le 31 décembre, le président Zeroual nomme Premier ministre Ahmed Ouyahia, l’un de ses proches collaborateurs, en remplacement de Mokdad Sifi.

Le 5 janvier 1996, le nouveau chef du gouvernement annonce la composition de son équipe qui comprend, pour la première fois depuis l’indépendance, quatre membres de l’opposition légale, à des postes subalternes: deux membres du Mouvement de la société islamique, un dissident de l’ex-F.I.S et un représentant du Parti du renouveau algérien. Le 18, le comité central du F.L.N. démet le rénovateur Abdelhamid Mehri, de ses fonctions de secrétaire général, et le remplace par le conservateur Boualem Benhamouda, proche du pouvoir.

Le 11 février, l’explosion d’une voiture piégée devant la Maison de la presse, qui abrite la plupart des journaux indépendants, fait 21 morts. Le 19, en dépit de la poursuite des violences qui ont marqué la période du ramadan, le gouvernement lève le couvre-feu, en vigueur depuis décembre 1992 dans 10 départements du centre du pays, en raison de l’«amélioration de la situation sécuritaire».

Le 18 juillet, le G.I.A. annonce le remplacement, au sein de sa direction, de Djamal Zitouni, évincé du mouvement le 14 et tué le 16 dans des circonstances indéterminées, par Antar Zaoubri, réputé tout aussi radical. Djamal Zitouni était notamment responsable du détournement d’un Airbus d’Air France, en décembre 1994, et de l’assassinat de sept religieux français, en mai.

Le 28 novembre, les électeurs approuvent par référendum, à 85,81 p. 100, la révision constitutionnelle qui vise à renforcer les pouvoirs du chef de l’État et à interdire les partis fondés sur une base religieuse, linguistique ou régionale, et qui prévoit la création d’une seconde Assemblée dont un tiers des membres sera désigné par le président. Le taux de participation est de 79,8 p. 100. L’opposition dénonce la manipulation des résultats.

Vie économique

En 1991, le gouvernement obtient un crédit du F.M.I. dans le cadre du plan de réajustement économique prévoyant le passage à l’économie de marché. Le 30 septembre, le dinar est dévalué de 20 p. 100. Le 30 novembre, les députés adoptent à une large majorité une nouvelle loi sur les hydrocarbures qui autorise les compagnies étrangères à prendre des participations d’un montant maximal de 49 p. 100 dans les gisements algériens.

En 1992, l’expérience libérale tentée depuis 1989 est infléchie avec la nomination de Belaïd Abdesslam, ancien ministre du président Boumediène. En août, il instaure une «économie de guerre» marquée par l’austérité, un rationnement des devises pour limiter les importations et un resserrement du contrôle de l’administration sur les circuits économiques.

En 1993, après la destitution de Belaïd Abdesslam en août, le pays se détourne d’une économie de type socialiste. Le nouveau Premier ministre, Redha Malek, fait du rééchelonnement de la dette extérieure son premier objectif (le service de la dette représente environ 75 p. 100 des recettes à l’exportation). Les négociations avec le F.M.I. s’achèvent en décembre sur un constat de désaccord.

Le gouvernement se prononce en faveur d’une privatisation accélérée de l’industrie et de l’agriculture (un secteur sinistré en raison de la sécheresse) et d’une diversification des exportations (les hydrocarbures en représentent 96 p. 100).

En 1994, la multiplication des violences islamistes fragilise une économie déjà exposée au risque d’insolvabilité financière. Le 27 mai, Alger signe un accord de crédit stand-by avec le F.M.I. et accepte les conditions posées par ce dernier – dévaluation de 40 p. 100 et plan d’ajustement structurel – afin d’avoir accès à l’aide internationale qui est également subordonnée à la recherche d’un dialogue avec les islamistes modérés.

Le 1er juin, l’Algérie obtient du Club de Paris, pour la première fois de son histoire, un accord de rééchelonnement d’une partie de sa dette publique qui atteint 16 milliards de dollars.

En 1995, la poursuite des attentats islamistes, dirigés notamment contre le secteur prédominant des hydrocarbures, continue à entraver le redressement de l’économie.

Le 12 mai, Alger obtient le rééchelonnement de sa dette de 3,2 milliards de dollars auprès des banques.

Le 22 mai, Alger signe un deuxième accord avec le F.M.I., dit de «facilité élargie», pour une durée de trois ans, qui tient compte des efforts engagés: libéralisation des prix et du commerce extérieur, disparition en cours du déficit budgétaire, privatisation programmée des entreprises publiques. Le développement de l’exploitation d’hydrocarbures et son ouverture aux compagnies étrangères sont autant de promesses de recettes pour les prochaines années.

Le redressement de l’économie, en 1996, tient à la fois aux conditions climatiques, qui permettent des récoltes abondantes, et à l’augmentation des cours du pétrole. En octobre est mis en service le gazoduc Transmed, qui relie l’Algérie à l’Espagne à travers le Maroc. Toutefois, la production industrielle décroît au cours de l’année, en raison de la faiblesse des investissements étrangers et de la prépondérance dans ce secteur des entreprises d’État peu rentables.

Relations internationales

Le 18 janvier 1991, plusieurs dizaines de milliers de personnes se rassemblent à Alger, à l’appel des islamistes, pour protester contre le déclenchement de la guerre du Golfe.

Le 27 mars 1993, l’Algérie rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran, dont elle dénonce l’«appui déclaré au terrorisme» islamiste.

Après l’assassinat à Alger le 15 janvier 1994 d’une employée au consulat de France, Paris annonce une réduction des effectifs officiels en Algérie.

En août, Rabat annonce le rétablissement du visa d’entrée pour les ressortissants algériens ou d’origine algérienne, à la suite de l’attaque meurtrière, le 24, d’un hôtel de Marrakech par un commando composé notamment de Franco-Algériens. Le 29, Alger annonce la fermeture de sa frontière avec le Maroc.

Le 24 décembre, un commando du G.I.A. prend le contrôle d’un Airbus d’Air France qui s’apprêtait à décoller d’Alger à destination de Paris avec 227 passagers et membres d’équipage à son bord. Deux passagers, un Algérien et un Vietnamien, sont tués. Les islamistes exigent de se rendre à Paris. Le 25, un Français est tué à son tour. Le gouvernement français finit par obtenir des autorités algériennes qu’elles laissent décoller l’appareil. Le 26, l’avion se pose à Marseille. Une équipe du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale donne l’assaut, tuant les 4 membres du commando; neuf gendarmes et une quinzaine de passagers et membres d’équipage sont blessés.

Le 11 février 1995, le G.I.A. attaque le poste frontière tunisien de Tamerza, tuant 7 soldats. L’opération est présentée comme un avertissement aux autorités de Tunis qui «oppriment» les islamistes.

Le 23 mai 1996, le G.I.A. annonce l’assassinat des sept moines trappistes français enlevés le 27 mars dans leur monastère de Tibéhirine, près de Médéa. Il déclare avoir tenté de négocier leur libération avec le gouvernement français, ce que celui-ci dément. Les corps des religieux sont découverts le 30.

Le 1er août, durant la visite dans le pays du ministre français des Affaires étrangères Hervé de Charette, l’évêque d’Oran, Mgr Pierre Claverie, est tué par l’explosion d’une bombe.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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